
Santé mentale : en parler, c'est déjà agir
À l’occasion de la Journée mondiale de la santé mentale, le 10 octobre, prenons le temps de nous demander : comment va-t-on, vraiment ? Stress qui ne retombe plus, inquiétudes envahissantes, sommeil perturbé, perte d’envie, fatigue persistante… Une période difficile peut perturber temporairement le sommeil ou l’humeur. Mais lorsque certains signes persistent ou commencent à peser sur le quotidien, il est temps d’y prêter attention.
Stress, anxiété : quand faut-il commencer à s’en préoccuper ?
Le stress et l’anxiété font partie de la vie. Une échéance professionnelle, des difficultés familiales ou financières, un problème de santé peuvent naturellement nous inquiéter et perturber temporairement notre sommeil ou notre humeur.
L’anxiété devient en revanche préoccupante lorsqu’elle se répète, s’installe dans le temps ou devient suffisamment envahissante pour perturber le quotidien. Elle ne se manifeste d’ailleurs pas uniquement par des pensées anxieuses : fatigue, difficultés à dormir, tensions musculaires, maux de tête, palpitations ou troubles digestifs peuvent également l’accompagner.
Pour savoir quand réagir, observez surtout la durée de ces symptômes et leurs conséquences sur votre quotidien :
- Ameli : angoisse anxiete et troubles anxieux graves de l'adulte
- Ameli : symptômes diagnostic
- Ameli : comprendre les troubles anxieux et l'anxiété
- Santé publique France
Un coup de blues n’est pas forcément une dépression
Quelques jours de découragement ou de tristesse après une période difficile ne signifient pas nécessairement que l’on souffre de dépression. La différence tient notamment à la durée, à l’association de plusieurs symptômes et à leur retentissement sur la vie quotidienne.
Une tristesse inhabituelle qui persiste, mais aussi la perte d’intérêt ou de plaisir pour des activités auparavant appréciées doivent attirer l’attention. Peuvent s’y ajouter fatigue, troubles du sommeil ou de l’appétit, difficultés de concentration, ralentissement, dévalorisation ou vision très pessimiste de soi et de l’avenir.
Pour caractériser un épisode dépressif, les professionnels de santé recherchent plusieurs symptômes présents presque quotidiennement pendant au moins deux semaines, responsables d’une véritable souffrance et d’un retentissement sur la vie familiale, sociale ou professionnelle. Il n’est donc pas nécessaire d’attendre que la situation devienne invalidante pour demander de l’aide.
Pour en savoir plus :
En parler sans avoir honte de « ne pas aller assez mal »
C’est parfois l’un des principaux obstacles : penser que sa souffrance n’est pas suffisamment importante pour mériter de l’aide. Pourtant, la santé mentale ne se résume pas aux troubles psychiatriques sévères.
Si vous n’arrivez plus à accomplir certaines tâches quotidiennes, si vos relations avec votre entourage deviennent difficiles, si vous ne trouvez plus de plaisir dans ce que vous aimiez ou si votre état psychologique commence à affecter votre travail ou votre vie personnelle, il est utile d’en parler. Il n’existe pas de seuil universel à partir duquel il faudrait consulter. Une prise en charge précoce permet notamment d’éviter que certains troubles ne s’installent ou ne s’aggravent. [cf encadré]
Pour en savoir plus : Ameli Santé mentale de l'adulte : comment être aidé et à qui s’adresser ?
Anxiolytiques : attention à l’automédication
Lorsque l’anxiété ou les troubles du sommeil s’installent, la tentation peut être grande de chercher rapidement une solution médicamenteuse. Or les benzodiazépines utilisées contre l’anxiété ou l’insomnie sont des traitements symptomatiques dont l'utilisation doit rester limitée dans le temps en raison notamment des risques de dépendance, de somnolence, de troubles de la mémoire et de chute.
N’utilisez donc pas le traitement d’un proche et ne reprenez pas de votre propre initiative un ancien traitement. Si vous prenez déjà un anxiolytique ou un somnifère, ne l’arrêtez pas brutalement sans avis médical : demandez conseil à votre pharmacien.
Pour en savoir plus : santementale.fr
Et en cas d’idées suicidaires ?
Des pensées suicidaires, même ponctuelles, doivent toujours être prises au sérieux. Il ne faut ni les minimiser ni rester seul avec elles. Le 3114, numéro national de prévention du suicide, est accessible gratuitement partout en France, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Il peut être appelé par une personne en souffrance mais également par un proche inquiet. En cas de danger immédiat, contactez les services d’urgence.
Prendre soin de sa santé mentale ne signifie pas attendre d’être au plus mal pour réagir. Mettre des mots sur ce que l’on ressent, en parler à un proche ou pousser la porte d’une pharmacie, d’un cabinet médical ou d’un psychologue peut déjà permettre de sortir de l’isolement et de trouver l’aide adaptée.
Pour en savoir plus :
Chiffre clé :
Près d’un adulte sur six âgé de 18 à 79 ans a vécu un épisode dépressif caractérisé au cours des 12 derniers mois en 2024. (18,2 % des femmes sont concernées contre 12,8 % des hommes)
Source : Baromètre de Santé publique France 2024.
Votre pharmacien peut être une première porte d’entrée
Il n’y a pas besoin de savoir exactement ce dont vous souffrez avant de pousser la porte d’un professionnel. Le pharmacien constitue un premier interlocuteur de proximité, notamment lorsqu’une personne vient régulièrement chercher un traitement ou évoque spontanément fatigue, insomnie, anxiété ou mal-être.
Son rôle n’est pas de poser un diagnostic à la place du médecin ou du psychiatre. En revanche, il écoute, repère certains signes de souffrance, informe et oriente vers le professionnel ou le dispositif approprié. Les pharmacies disposent par ailleurs d’un espace permettant une conversation à l’abri des tiers : vous pouvez donc demander à parler au pharmacien plus discrètement.
Selon la situation, un psychologue ou un psychiatre peut également intervenir. Pour des troubles anxieux ou dépressifs légers à modérés, le dispositif Mon soutien psy permet aux personnes angoissées, déprimées ou ressentant un mal-être de bénéficier de séances d’accompagnement psychologique prises en charge à 100 % par l’Assurance Maladie et les mutuelles. Le dispositif ne nécessite pas une prescription médicale, il suffit de consulter l’annuaire dédié sur ameli.fr pour prendre un rendez-vous.
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