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L’endométriose : mieux comprendre cette maladie chronique

L’endométriose a longtemps été tue. Cette pathologie invalidante et douloureuse est enfin reconnue. Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur l’endométriose.

L’endométriose est une maladie inflammatoire et chronique de l’appareil génital féminin qui s’explique par le développement d’une muqueuse utérine (l’endomètre) en dehors de l’utérus, colonisant d’autres organes.
Les symptômes sont nombreux. Les plus fréquents sont des règles douloureuses, des douleurs pendant les rapports sexuels, des douleurs pelviennes pouvant irradier jusque dans la jambe, une défécation douloureuse ou une difficulté pour uriner.

Toutes les femmes qui ont des douleurs de règles n’ont pas d’endométriose, heureusement ! Si la douleur cède avec un simple antalgique, alors il n’y a pas lieu de s’inquiéter.
La douleur qui doit alerter est celle qui revient chaque mois, de plus en plus forte, de plus en plus présente et qu’un anti spasmodique ou antalgique léger ne suffit pas à calmer. Cette douleur nécessite une consultation car il n’est pas normal d’avoir mal.

Toutefois, chaque cas est unique et il existe des endométrioses dites « asymptomatiques » qui se développent sans bruit, sans douleur… et souvent, dans ce cas, on découvre l’endométriose par hasard ou lors d’un bilan de fertilité.

Il n’est pas toujours possible de guérir totalement de cette maladie chronique dont les effets perdurent jusqu’à la ménopause, parfois au-delà. Des médicaments peuvent soulager la douleur et empêcher le développement des lésions.
Dans certains cas, la chirurgie peut être envisagée, en particulier pour les femmes qui souhaitent avoir un enfant. L’opération chirurgicale s'effectue sous célioscopie (à ventre fermé, par le nombril notamment) et vise à détruire la totalité des lésions endométriosiques, de façon électrique ou grâce à un laser.

En l’absence d’un désir d’enfant, le traitement hormonal diminue le risque de rechute après un traitement chirurgical.

Le pharmacien d’officine et son équipe ont un rôle important dans la prise en charge de la patiente à profil endométriosique. Leur expertise, la relation de confiance qu’ils instaurent avec leur patientèle et la proximité seront des atouts majeurs : pour déceler les risques d’endométriose, pour l’accompagnement tout au long de la prise en charge (les conseils, l’observance, l’attention aux interactions médicamenteuses) ou encore pour améliorer la qualité de vie des patientes.

Un plan national gouvernemental pour accroître la sensibilisation à la maladie.

Le 11 janvier dernier, le gouvernement a lancé une stratégie nationale fixée autour de trois objectifs : 

  • Comprendre l’endométriose et ses causes, par le lancement d’un programme national de recherche ;
  • Mettre en place des parcours territoriaux de soin avec au moins un centre de recours et d'expertise identifié par région ;
  • Créer un « réflexe endométriose » auprès de tous les publics (à l’école, à l’université, à domicile, au bureau) pour mieux faire connaître la maladie et mieux utiliser les traitements disponibles.

Près d’une femme sur 10 est touchée en France. (Organisation Mondiale de la Santé, mars 2021)